
Livre I – L’impasse de l’hybridation
Partie 2 – L’Homme dans la Nature
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L’origine de la richesse matérielle et immatérielle de tout régime, comme celle de toutes les sociétés humaines, naît et procède du travail humain. Qu’on retourne le problème dans tous les sens, il s’agit d’une constante universelle : le travail humain « mobilise » la richesse pour l’Homme, qu’elle soit matérielle ou immatérielle. Puisque personne n’a payé pour fabriquer l’Univers, ses éléments et ses lois, le travail de l’Homme transforme les éléments environnementaux en richesse pour lui, et nous devons comprendre la relativité de cet enrichissement, accompagné de transformations négatives ou positives sur l’environnement lui-même. Autrement dit, toute transformation procédant du travail humain modifie l’environnement, et peut créer une richesse présente dont l’effet sera améliorant ou dégradant de l’environnement futur.
Même le chasseur-cueilleur procédait du travail dans la savane pour s’enrichir de gibier et de baies. Bien que la Nature lui ait fourni gratuitement la totalité de ses ressources ; sans le travail, ces ressources seraient restées immobiles : il serait mort de faim. La richesse mesurable n’est jamais rien d’autre que la forme stockée, cristallisée, rendue échangeable du travail humain, tant au niveau des savoirs que d’un point de vue matériel. Elle est soumise à une érosion permanente, qui nous assure de ne jamais se retrouver à court de travail. Actuellement, les humains les plus riches détournent, puis stockent le travail d’autrui dans le plus strict respect des lois de la propriété lucrative. Le temps et la valeur de ce stockage prennent des proportions bien différentes entre le chasseur-cueilleur, qui consomme quasi instantanément la totalité de son travail stocké en mangeant, et un milliardaire américain qui stocke dans la stratosphère financière les millions d’heures de travail détournées à ses locataires par le moyen de sa propriété lucrative. Si tel est le cas, alors les inégalités de richesse procèdent d’une fuite, d’une mauvaise redistribution des fruits du travail humain. Puisque la Nature est entièrement gratuite, et que tout le monde travaille — quoi qu’en pensent les capitalistes —, alors le chômage ne devrait pas exister, et la pauvreté devrait disparaître.
Avec bon sens, nous pouvons constater que l’uniformité de la force naturelle et du génie humain entre en contradiction avec les écarts de patrimoine observables aujourd’hui, ce qui pousse à trouver l’origine des inégalités dans un régime de propriété précis. C’est la propriété lucrative d’un bien, de l’argent, du capital, ou encore de la propriété intellectuelle qui permet à ses porteurs de s’économiser dans l’effort en déléguant dans un premier temps le travail aux locataires. C’est donc une logique de droit qui nous mène vers l’inégalité généralisée, et le droit de déléguer l’usage d’une propriété en constitue le socle. La mobilisation d’une propriété devrait enrichir le travailleur sans détournement. Pour cela, il doit devenir propriétaire de l’outil de production, et nous devons lui en donner le droit d’usage. Il n’y a aucune raison justifiable pour qu’il en soit autrement. Or, la propriété lucrative est incapable de cela, elle ne peut pas rendre au travailleur son travail, puisqu’elle l’aliène et s’en nourrit. Sans l’aliénation, sans le mécanisme de captage de la rente, la propriété lucrative n’a plus aucune raison d’être, plus aucune perspective : elle disparaît. Alors, nous devrions conclure immédiatement que, si nous souhaitons sortir de l’aliénation, si nous souhaitons rendre le travail à ses auteurs, nous devons changer le mode de propriété, en commençant par interdire la propriété lucrative, donc interdire la délégation de l’usage.
Mais il est difficile de changer des habitudes vieilles de plusieurs millénaires, car le régime hybride, féodal, a utilisé la propriété lucrative pour enrichir une minorité sur le dos du peuple. Le travail humain capté légalement par les lois de la propriété lucrative constitue le plus grand détournement de richesse que l’humanité ait connu : il n’y a pas pire en quantité et en conséquences. Mais subir un système ne suffit pas pour le penser. Le travail d’acceptation et de normalisation du rapport de chantage qui a permis ce vol doit être expliqué au plus grand nombre, car on ne peut vouloir changer une organisation qu’on ne comprend pas, et on ne peut penser les mécanismes qu’on ignore. Monsieur Jourdain pratiquait la prose sans le savoir, jusqu’au jour où son maître de philosophie lui en a appris le mot.
[…] travail des machines a accéléré deux choses : la récolte de la rente et l’épuisement du potentiel de travail de…
[…] définitivement : l’économie lucrative est structurellement improductive. Elle détruit du potentiel de travail, l’environnement, asservit les véritables producteurs de richesse.…
[…] sert particulièrement les dominants. Elle entretient contre les citoyens majoritaires un système néoféodal à bout de souffle. La loi…
[…] a pas besoin de sortir d’une grande école pour se rendre compte de tous ses intérêts. De plus, elle…
[…] se confirment des hypothèses que j’énonce depuis longtemps, à savoir que le capitalisme n’existe pas sans la socialisation des…