Site icon La propriété d'usage universelle

1789 Révolution bourgeoise – partie 1



En mécanique céleste, le mot « révolution » signifie cycle, recommencement. Une planète effectue sa révolution lorsqu’elle retrouve sa position de départ.

Ce mot dit vrai pour le spectacle social de 1789, durant lequel une féodalité fut évincée par une autre. Points communs entre l’ancienne et la nouvelle ? La domination, le mépris, le prélèvement légal d’une partie de la richesse créée par les dominés à son profit. Alors, qui a remplacé qui ? Disons pour rester simple, voire simpliste, que la bourgeoisie encore balbutiante a profité de l’occasion de la Révolution pour destituer la noblesse et le clergé, pour occuper la place dominante. Durant les siècles suivants jusqu’à aujourd’hui, la situation s’est complexifiée, financiarisée. De nouveaux acteurs et de nouveaux marché sont apparus. Cependant, le fond de sauce a conservé son aspect féodal.

De la situation de départ où la propriété privée lucrative fabriquait artificiellement une aristocratie dominante et des pauvres, nous sommes arrivés à une situation dans laquelle la propriété privée lucrative a généré artificiellement une nouvelle aristocratie dominante et de nouveaux pauvres. Cette fois, le phénomène est mondial.

Révolution ! Le terme ne dénote pas.

Tableau féodal

En l’an de grâce 1789, la France comptait environ 23 millions d’habitants : chiffre imprécis, faute de recensement sérieux. Parmi eux, environ 400 000 nobles, et 100 000 membres du clergé, soit un peu plus de 2 % de la population. La propriété de la terre, principale richesse de l’époque, n’était pas répartie uniquement selon l’usage, comme on le sait, mais selon des héritages en cascade, cléricaux ou issus de titres de noblesse. Le but ? Une conservation clanique des avantages compétitifs des groupes sociaux privilégiés. Les usagers de la propriété, pour l’essentiel des paysans et un peu d’artisans, payaient des droits pour accéder aux outils de travail… Outils indispensables à leur subsistance. Le féodalisme, c’est la loi du chantage généralisée.

Extrapolons la situation et nous arrivons au présent. On retrouve des ordres de grandeur similaire : les 2 % de dominants bénéficiant de privilèges fiscaux et sociaux contre la masse de salariés, locataires, endettés, soumis aux liens de subordination de la propriété lucrative. L’œuvre féodale n’en a pas fini de créer et d’exploiter la faiblesse sociale des véritables producteurs de valeur. Cela étant dit, rappelons que le tableau féodal a commencé bien avant la Révolution avec les cités-États mésopotamiennes. Il existe donc une continuité quasi parfaite de la structure féodale depuis l’invention de l’écriture. Ce constat étant fait, évitons de tomber dans le piège de la naturalisation. Toute loi sociale peut être changée, car les lois des humains sont écrites par les humains. Elles ne sont pas l’œuvre de la nature.

L’organisation sociale du clergé coïncidait avec sa vision divine de la société, hiérarchisée, constellée de vies sacrificielles. Pour atteindre la grâce et convaincre Saint-Pierre d’ouvrir les portes du paradis, l’ordre clérical œuvrait au chevet d’une pauvreté artificielle, résultat d’une mauvaise répartition de la propriété que l’église aurait pu tenter de bouleverser. Au lieu de cela, elle acceptait la conception naturaliste de la pauvreté, touchant çà et là les hommes comme les impacts de la foudre : expression de la volonté divine. Bien que ce soit contraire à la clairvoyance fraternelle du catholicisme, le clergé possédait sa propre noblesse composée d’abbés, d’évêques, de seigneurs locaux, curés, vicaires, cumulant le mandat divin et le mandat civil. Propriétaires terriens, exploitants du travail d’autrui, petits seigneurs au service du Seigneur.

Comme il se doit dans toute conception féodale, ce beau monde était censé guider une foule de moutons perdus : le peuple. Hier comme aujourd’hui, l’éducation et le langage servaient ce travail de pilotage idéologique. En quelque sorte, le neuromarketing et l’économie comportementale n’existaient pas encore, mais leurs principes s’appliquaient déjà…

Des ambitions sans limites

Parmi les 22,5 millions de Français du « peuple », tous n’étaient pas locataires. Une catégorie naquit dès le début de la mécanisation et de la financiarisation de l’économie : la catégorie bourgeoise, à différentier de la noblesse, porteuse de titres héréditaires et personnels, ou du clergé, porteur de titres héréditaires collectifs, mais réservés. Cette nouvelle classe de roturiers, profitant des évolutions technologiques et financières, venait s’ajouter à la liste des dominants minoritaires en mesure de voler légalement du travail. Grâce au phénomène d’accumulation, son influence grandit rapidement. Seulement, son poids politique restait faible en comparaison de celui du clergé et de la noblesse.

Catégorisée dans le Tiers État, parmi le petit peuple, la classe bourgeoise rêvait de prestige et de pouvoir. Disons-le, elle voulait sa conversion à la noblesse. Certains bourgeois parvenaient d’ailleurs à acheter des titres, des offices, avec l’argent accumulé sur le dos des pauvres. Ces achats ulcéraient au plus haut point les héritiers pur-sang. La bourgeoisie voulait s’extraire de la catégorie populaire, destituer les héritiers de la féodalité classique, devenus encombrants. Ce que la Révolution permit.

Si l’on dresse le bilan du spectre aristocratique, il se composait alors de la noblesse héréditaire, de bourgeois fortunés anoblis et du clergé. N’oublions pas la famille royale…

Dans cette répartition on ne peut plus inégalitaire, les « gens qui ne sont rien » subissaient une pression financière et culturelle phénoménale. En imposant ses lois, le château obligeait la plèbe à suivre ses intérêts, à payer pour exaucer ses désirs sans concertation aucune. Aujourd’hui, les milliardaires rachètent les galeries d’art et la presse. Ils réinvestissent l’argent des rentes pour diffuser leurs valeurs morales et leurs goûts. Cette vision s’inscrit dans la parfaite continuité des pensées voltairienne sur le guidage du peuple, sur l’inutilité de son instruction, sur les bienfaits de la gouvernance par l’élite, sur la théorie du ruissellement. Bref, un point de vue clairement féodal…

Révolution ! Le mot va bien.

On se doute que la grande rotation de la propriété n’aura pas apporté grand-chose de nouveau à la domination, puisque la nouvelle classe dominante s’organisa rapidement à son profit, contre les travailleurs. Une sorte de changement de maîtres.

Même si Jaurès voyait dans la Révolution les débuts du socialisme, elle n’aura pas réussi à changer le travail. Ce merveilleux socialisme échouera ensuite durant deux siècles pour la même raison : n’avoir jamais réussi à changer le travail. C’est pourtant par ce bout qu’il convient d’agir, en universalisant la propriété d’usage. Diffuser la propriété de l’outil de production aux usagers qui les mobilisent est LA condition préalable à toute revendication égalitaire. D’une pierre, deux coups ; cela permet aussi de trouver une solution à l’écocide provoqué par les choix de production calamiteux des rentiers. Ces fameux êtres supérieurs censés nous gouverner vers la prospérité, qui nous mènent en réalité au chaos social et environnemental, à la guerre. Rappelons-leur à quel point ils sont incompétents pour orienter l’économie vers un monde durable et sûr lorsqu’ils nous assènent que les gens ordinaires seraient incapables de gouverner.

Libérateurs intéressés

Comme tous les dominants, les nobles avaient leurs arguments bien rodés, leur récit sacré. Ils s’inventaient des justifications pour légitimer les droits supérieurs dont ils bénéficiaient. Dans la France royale, les nobles se considéraient comme les descendants des Germains, libérateurs des Gaulois opprimés par l’Empire romain, forts, sauveurs des faibles, phares dans la nuit. Ils revendiquaient ainsi leur droit d’administrer à perpétuité la terre gallo-romaine, de père en fils, puis d’en tirer une part du travail effectué par les serfs, si heureux de payer leurs libérateurs dans l’éternité.

Seulement, la caste héroïque, de bonne naissance et d’accouplements heureux, ne libérait plus personne au XVIIIe siècle, bien au contraire. Certains, à force de dilapider leur héritage patrimonial, se retrouvèrent même au bord de la faillite. D’autres s’organisèrent comme les roturiers pour récolter des rentes dans les marchés en croissance. Schumpétériens avant l’heure…

Mais l’affaire n’est pas si simple, car beaucoup de bourgeois dépendaient des seigneuries. Ils utilisaient des ressources dont ils n’étaient pas propriétaires : terres, rivières, forêts, pour voler du travail aux ouvriers. Seulement, la rente du seigneur entrait en concurrence avec les rentes bourgeoises. Entre racketteurs, les gains se divisaient nécessairement. Résultat : il restait juste de quoi manger, survivre, aux paysans. On ne pouvait pas les taxer davantage au risque de les voir mourir. Or, on ne tue pas la poule aux œufs d’or… C’est d’ailleurs un leitmotiv du féodalisme de laisser juste de quoi survivre aux locataires. Pensons pour cela à l’Angleterre victorienne capitaliste, à l’empire soviétique, aux diverses cités-États, et évidemment, aux seigneuries occidentales comme orientales.

La loi féodale classique n’autorisait pas les bourgeois à tout acheter, à tout posséder, ce que la Révolution corrigea. L’argument de la liberté n’était donc pas désintéressé. La liberté du commerce, à savoir l’ouverture du marché des droits de propriété que seuls les riches peuvent acheter, fut la grande revendication déguisée de la bourgeoisie. On peut y ajouter les demandes libérales des physiocrates de supprimer les frais de douane entre régions, la libéralisation de la finance qui commence à cette époque et qui mènera à une autre révolution : industrielle, mue par la recherche mercantile de la rente. Celle qui a bouleversé l’écologie pour un bon moment.

Pour autant, la noblesse secouée, discutée, en perte d’influence, n’hésitait plus à défendre ses intérêts. Aussi paradoxal soit-il, la contrerévolution commença avant la Révolution. Au XVIIIe siècle, la superbe du roi avait du plomb dans l’aile. Ses édits étaient régulièrement discutés, amendés avant même leur application. Selon un processus proche de celui des lobbys aujourd’hui, la loi était révisée pour satisfaire les intérêts de la minorité dominante. La justice pouvait ensuite jouer son rôle de machine à laver, juguler les sorties du droit fixé par l’aristocratie, stabiliser l’ordre féodal. Aussi, la noblesse s’inventait une autre utilité imaginaire : celle d’assurer la prospérité, y compris contre le pouvoir royal lui-même. Là aussi, le parallèle avec le présent est frappant. Cheval de Troie, les déclarations de bienveillance réclament la plus grande méfiance.

L’illustration du succès lobbyiste de la noblesse sera la chute de Calonne, ministre d’État, ayant tenté en vain de désendetter les finances publiques en uniformisant certains prix, dont celui du sel, en éliminant des privilèges reçus sous forme de défiscalisation notamment, en promulguant l’égalité devant l’impôt. Ce n’est pas tout ; il proposa la fameuse la libre circulation des grains, vieille revendication des physiocrates (Quesnay puis Turgot) ; il suggéra la création d’assemblées municipales dont les membres seraient élus par les seuls propriétaires… n’exagérons pas ! C’est d’ailleurs une assemblée de notables qui refusa en bloc les idées de Calonne, le 22 février 1787.

Sans le savoir, l’intransigeance des nobles sur la conservation des privilèges accéléra la mise en place des États généraux, puis la fin des privilèges… Au prix d’un effort modéré, les nobles auraient pu conserver leur avantage compétitif sur les bourgeois et les paysans ; maintenir la monarchie et l’ordre féodal classique. Le rejet de la réforme de Calonne mériterait d’être considéré comme l’élément déclencheur de la Révolution.

Les finances publiques croulaient donc sous les dettes, liées aux lointaines guerres américaines et au train de vie de la cour. Ces dettes seraient plus tard remboursées par la socialisation, comme il se doit dans tout système féodal. Payer coûte que coûte les rentiers de l’argent qu’on a refusé de récolter par l’impôt a pour effet concret de creuser les côtes des pauvres.

Necker, remplaçant de Calonne, redoutable banquier suisse, protestant au sommet d’un pays catholique, se gardera longtemps de publier « Le livre rouge », ce cahier occulte de comptes secrets consignant les pensions versées aux membres de la royauté : soit des dizaines de millions. Les bourgeois, dont Mirabeau, affirmèrent avec intérêt que le déficit, en tant que trésor national, devait trouver une issue décidée par toute la Nation. Sous-entendu, la dépense publique ne devrait plus passer par le Roi, mais par la bourgeoisie qui socialiserait sur le dos des pauvres. C’est aujourd’hui la manière dont on gère l’argent public : refus de collecter l’impôt là où il y a de l’argent (exonérations pour les dominants), passage par le crédit lucratif pour combler ce manque (donc paiement d’intérêts), orientation des subventions vers les grandes entreprises qui nourrissent leurs actionnaires oisifs, internationaux, qui défiscalisent, sans oublier les fonctions régaliennes nécessaires à rendre l’armée des travailleurs opérationnelle.

La bourgeoisie prérévolutionnaire restait cependant physiquement mêlée au reste de la population. Avocats, notaires, huissiers, commerçants, rentiers, négociants, vivaient à la ville comme à la campagne, exception faite de Paris où l’on trouvait nombre de banquiers, occupés à placer les emprunts d’État pour constituer fortune. Ce mélange de populations est une des raisons qui explique pourquoi la bourgeoisie a réussi à tirer un si grand profit de la Révolution : elle pouvait utiliser la couverture du Tiers-État. L’ennemi d’alors pour le paysan était avant tout le noble, qui coûtait trop d’argent au regard des services prétendument rendus en échange. On pouvait le comprendre.

Les manufactures balbutiaient encore. Futures usines, elles deviendraient plus tard le théâtre des premiers drames sociaux du néoféodalisme. Ce qu’on appellera par la suite « industrie » correspondait à un artisanat à domicile, ou à des regroupements d’artisans peu mécanisés, sans recours à la vapeur, pas encore organisé selon les lois du productivisme. Cependant, on trouvait déjà au Creusot, dans les savonneries de Marseille ou dans les filatures d’Abbeville, des milliers d’ouvriers regroupés sous le joug de bourgeois récoltant une partie de leur travail. Necker voulait inclure cette nouvelle classe aux grands emplois, dans les affaires publiques. En bon banquier, il avait pressenti que leur puissance financière appelait à une nouvelle répartition du pouvoir.

Les protocapitalistes étaient essentiellement les commerçants, banquiers et assureurs. De manière générale, la bourgeoisie cherchait à copier le style de vie de la noblesse tout en la détestant, par simple jalousie du privilège de la transmission par le sang, outil de domination « réservé ». La mythologie du mérite prend d’ailleurs sa naissance dans l’idée de supériorité que la classe bourgeoise a toujours eue d’elle-même, dans l’utilité imaginaire qu’elle s’est inventée. On y retrouve le mépris des gens utiles, modestes, une aversion bourdieusienne pour les véritables producteurs de valeur. Le mépris de ceux qui constituent les fortunes en subventionnant la paresse de la classe dominante.

Parce que la bourgeoisie se découvrait la mission de gouverner, le 17 juin 1789, le Tiers-État s’autoproclamera Assemblée nationale. Il se donnera pour mission de représenter la Nation au côté du Roi. Mission que la bourgeoisie se donne toujours… Quand Sieyès affirmait que le Tiers-État est « tout » dans son fameux pamphlet, on ne saura jamais s’il pensait à la vingtaine de millions de paysans, ou à la classe bourgeoise…

On doit néanmoins reconnaitre à la bourgeoisie d’avoir tenté d’éliminer l’ancien dogme chrétien de la vie sacrificielle, du salut dans l’au-delà, pour le remplacer par le progrès universel et la jouissance terrestre. Seulement, sa vision du progrès insinuait une concurrence darwiniste entre les individus, censée ordonner la société selon un ordre rationaliste. L’univers bourgeois a toujours été mécanique, froid, guidé par les encyclopédistes et la science, composé de rouages humains dont il faut tirer le plus grand profit. Pour les dominés, il ressemble souvent à l’enfer. La vie sacrificielle dont la bourgeoisie voulait la disparition est toujours là.

Révolution, le mot conviendra.

Usurpation d’identité

En 1789, l’absence d’un ordre paysan établi permit à la bourgeoisie d’obtenir tous les sièges du Tiers-État. Mais pas seulement. Pour y obtenir de droit de voter, Necker imposa deux conditions : avoir 25 ans et être taxé sur la propriété, soit l’obligation d’être inscrit au registre des contributions à un niveau de deux à dix journées de travail. Un bon moyen d’éliminer tout vote populaire. Pas un artisan, pas un paysan ne participera aux États généraux. La bourgeoisie se retrouvera en position dominante au sein du Tiers, ce corps fort peu représentatif de la population, pas plus que les deux autres.

Ce qui surprend dans les cahiers de doléances, c’est l’absence de revendication sur la propriété des terres, comme si la noblesse avait réussi à ancrer profondément le principe du péage dans les esprits, à normaliser la hiérarchie sociale dont elle s’est nourrie durant mille ans. L’absence de revendications des salariés sur la propriété des moyens de production contemporains est à la modernité ce qu’était l’absence de revendications des paysans sur la terre avant la Révolution. Un reliquat de croyance, un aveuglement. Vouloir l’égalité devant la loi, tout en acceptant un ordre social dans lequel les plus modestes nourrissent, habillent et logent des oisifs, reste inexplicable autrement que par l’expression des reliquats d’un puissant travail idéologique. Qui tenait la plume ?

Y compris au sein du Tiers après la victoire légale ayant mené à l’assemblée constituante, on ne peut pas dire que les députés représentaient la nation. Le Tiers avait les moyens techniques de régénérer une assemblée unique dans laquelle chaque ordre aurait un nombre de sièges représentatif de la population, réduisant à peau de chagrin la part du clergé et de la noblesse : il ne l’a pas fait. Y songea-t-il ? Nous voici donc avec une assemblée entièrement partisane de la féodalité, classique ou néoféodale. Révolution…

Malgré la tentative de répression fomentée par le roi, destinée probablement à étouffer les ambitions bourgeoises contre l’aristocratie, le néoféodalisme avait gagné parce qu’il proposait une illusion de vent nouveau. Il gagne toujours. La guerre civile fut peut-être évitée par le talent des bourgeois d’avoir su trouver dans le peuple un allié contre la noblesse. Peuple qui payerait plus tard. Qui payait déjà…

L’inflation n’aida pas à calmer la colère des masses, l’augmentation du prix du pain dépassant de loin la hausse des salaires. Combinons à cela les soupçons de complots de la noblesse, sa potentielle demande de troupes étrangères pour rétablir l’ordre, et vous obtenez une poudrière.

Quitter la version mobile