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Le travailleur et son travail

Livre II – Le système de propriété d’usage

Partie 3 – Moteurs d’une mobilisation favorable



Le travail, comme source de création de la valeur, peut tout à fait correspondre à une définition nouvelle. Pour les propriétaires du régime féodal lucratif, le travail consiste à mobiliser « leur » capital. Tout autre activité y est niée en tant qu’elle peut devenir une activité productrice de valeur. Nous savons depuis le dévoilement de la nature du régime hybride, que cette définition est fausse, puisque le socialisme du régime hybride, considéré comme improductif, représente l’assurance-vie du système lucratif. Par conséquent, les travailleurs rémunérés par toute les formes de socialisation refoulées par les propriétaires lucratifs sont indispensables à la survie du système capitaliste : ils produisent une valeur essentielle à la survie du capital. Supprimez demain la socialisation, et le capitalisme cessera d’exister : voici le principe du régime hybride. Mais ce n’est pas tout. Une part du travail humain de reproduction matérielle se passe de l’entreprise, lorsqu’on nettoie sa maison, qu’on cuisine un plat, qu’on donne l’amour et la confiance à ses enfants, lorsqu’on fait tous ces petits gestes qui ne comptent pas dans le PIB, mais dont la proportion est somme toute phénoménale. Tout le travail correspondant à la consommation de l’usage doit être considéré comme du travail. Tout le travail non échangé, jusqu’à la respiration, doit être considéré comme du travail inclus dans la société. Même si cette approche fonctionnaliste peut paraître réductrice au premier abord, elle part du besoin de mettre en cohérence la théorie de la valeur travail avec l’action humaine, et permet au final de considérer au plus haut niveau ceux qui sont aujourd’hui marginalisée.

Cette redéfinition nous prouve que le système de propriété mutuelle ne doit en aucun cas nier la part de l’usage direct du travail par tous les membres de la société. Il ne doit pas faire comme si ce travail n’apportait aucune valeur sous prétexte qu’il ne rentrerait dans aucune case. Cette vision doit nous mener logiquement vers le point suivant : doit-on considérer comme travailleuses uniquement les personnes qui mobilisent une des formes de propriété mutuelle ? Non évidemment, et ce raisonnement doit nous pousser vers l’idée de l’inclusion. Tous unis, tous frères ne doit plus être seulement le principe des dimanches catholiques, mais doit s’incarner dans un mode de production concret et macroéconomique.

Car l’inclusion revient précisément à ne pas exclure. Cette porte ouverte enfoncée, nous pouvons entrevoir les conséquences qu’elle masquait. Toute personne majeure doit pouvoir vivre de son travail, et nous venons de voir ce qu’était le travail, et combien personne n’y est étranger. Toute personne majeure doit être perçue dans la société comme créatrice de valeur. Or, la création de valeur, bien qu’elle puisse échapper aux comptabilités des PUM, doit mener à une rémunération et n’épargne pas son travailleur de devoir subvenir à sa reproduction matérielle. La consommation de l’usage appelle, comme tout travail, à l’achat de matières premières, de biens de consommation, qui eux, proviennent des valeurs échangeables produites par les PUM. Dans ce cas, le travailleur hors PUM doit régler le coût d’usage des biens ou services qu’il achète. C’est là, précisément, que la monnaie marquée possède un rôle à jouer. Doter chaque travailleur d’une somme dépensable auprès de professionnels conventionnés, y compris lorsqu’il ne fait partie d’aucune PUM, doue ce travailleur d’un pouvoir d’agir à la fois sur sa propre production, et sur les productions conventionnées. Les mauvaises langues diront que s’il ne fait partie d’aucune PUM, alors il coûte de l’argent à la société, mais ce serait mécomprendre les paragraphes que je viens de développer. Considérer toute personne en âge de travailler comme un travailleur ne peut appauvrir la société. La monnaie marquée dépensée fera vivre le producteur conventionné, et permettra au producteur hors PUM d’apporter une part de travail non mesurée mais à coup sûr utile qu’il ne pourrait réaliser sans ce système. Car la valeur travail concerne tout le monde.

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